
Lors de notre passage aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre en juillet dernier, nous avons eu la chance d’assister à une conférence animée par Bernard Stiegler, dont le thème était “Entertainment vs Art Libre”. Nous vous en faisons partager les grandes lignes.
Au regard de l’évolution de la société depuis le XIXème siècle (passage d’une société industrielle productiviste au consumérisme), Bernard Stiegler a mis à jour un nouveau modèle : celui de la Contribution.
Le consumérisme a donné naissance à un mode de consommation pulsionnelle et à un conditionnement comportemental, responsable d’une perte de savoirs faire et de savoirs vivre : on ne contrôle plus nos désirs.
C’est dans cette logique que se sont développés les produits et industries culturels, à l’origine d’une massification de la culture, appelée “Entertainment”. Or, la culture, au sens premier du terme, signifie vouer un culte à des objets.
Aujourd’hui un désir de reculturation et de reconstruction de nouveaux savoirs faire et savoirs vivre fait surface.
En développant ce modèle contributif, basé sur la transmission, l’échange et le partage des connaissances, une mutation comportementale pourraient s’opérer et permettre la reconstruction de la libido et du désir.
Dans les domaines de la culture et de l’art, le libre favorise la renaissance de la figure de l’amateur. Prenons l’exemple de l’Opéra de Paris (1880), les abonnées recevaient chez eux des réductions de partitions, livrets et commentaires sur les partitions. Le même principe s’applique pour l’open source : l’amateur a accès aux codes, aux œuvres, et peut ainsi apporter une contribution, une amélioration. Pour apprécier, il faut pratiquer.
Directeur du département du développement culturel au Centre Georges Pompidou, Bernard Stigler dirige également l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), créé à son initiative en avril 2006.